À qui profitent les moyens d’enseignement ? : entre politiques éducatives et apprentissages des élèves

6 mars 2018, LIFE, Université de Genève

À l’école, des apprentissages sont censés naître d’une rencontre entre les élèves et l’enseignant. C’est à travers ce que celui-ci sait, dit, montre, fait, demande – sur la base de sa propre formation – que la classe accède à une activité cognitive plus ou moins orientée vers les objectifs du programme. Mais les systèmes éducatifs ne s’en remettent jamais complètement à l’expertise et à la conscience professionnelle de leurs personnels. Le programme lui-même fixe non seulement des buts à atteindre, mais aussi des paliers de progression, des échéances à respecter, des façons d’opérer. Il peut servir à canaliser les interactions, à les quadriller plus ou moins finement et explicitement, donc à inspirer, soutenir, contraindre et/ou contrôler ce que font les professeurs, qu’ils apprécient ce cadre ou non. Et à sa suite, des directives et des documents de tous ordres peuvent préciser les choses, proposer ou imposer des méthodes, des démarches, des séquences, des situations, des leçons, des problèmes, des exercices, des évaluations, bref, une panoplie entière de procédures à utiliser pour étayer le travail scolaire. « Manuels, supports pédagogiques, outils didactiques, moyens d’enseignement, environnements numériques » : le vocabulaire varie dans l’espace et dans le temps pour désigner ces artefacts destinés à s’intercaler, en somme, entre l’intelligence de chaque enseignant et l’esprit des élèves qu’il doit instruire au nom d’un pouvoir centralisé. Cette strate intermédiaire est officiellement là pour rationaliser le processus, le rendre plus efficace, plus homogène, plus fiable institutionnellement. Mais y parvient-elle toujours, et qu’en font et pensent eux-mêmes les enseignants ?

https://www.unige.ch/fapse/life/index.php?cID=151

powered by /boomerang