Nous avons lu ... l'article d’Andreas Schleicher «École : mythes et réalité»

dans L'Annuel de l'OCDE 2015

L’auteur présente six mythes sur l'école, très répandus parmi les enseignants, les parents, les décideurs, voire la population en général, pour les démentir ou les nuancer ensuite. Pour cela, Andreas Schleicher utilise des exemples concrets tirés des résultats des enquêtes internationales PISA. Les six mythes retenus sont les suivants.

  • La pauvreté est une fatalité pour les résultats scolaires.
  • L’immigration nuit aux résultats d’ensemble d'un pays.
  • La performance des élèves est liée à une question de moyens financiers.
  • La qualité et la personnalisation de l’enseignement dépendent de la taille des classes.
  • Le succès d'un élève vient de son talent.
  • La sélection des élèves mène à l’excellence.

Cet article souligne le fait que ces affirmations ne peuvent pas être généralisées à l’ensemble des différents pays participant aux enquêtes PISA. La pauvreté, une origine issue de l'immigration, tout comme un pays qui investit peu d’argent dans l’éducation, des classes nombreuses ou encore le manque de « facilités innées » des élèves ne sont pas des facteurs induisant automatiquement de mauvaises performances scolaires.
L'auteur remarque que les résultats PISA mettent plutôt en évidence que les meilleures performances des élèves se réalisent dans les systèmes éducatifs alliant qualité et équité dans l’enseignement. De plus, quand les meilleurs enseignants et les meilleurs chefs d’établissement s’occupent des élèves ayant plus de difficultés et exercent dans les zones plus défavorisées, les performances des élèves s’améliorent. Par ailleurs, dans les pays où l’on attend le maximum d’efforts de chaque élève indépendamment de son origine sociale et où les ressources sont mobilisées pour aider ceux qui en ont le plus besoin, on observe une uniformisation des performances vers le haut. L’auteur montre également que les performances des élèves aux tests PISA sont influencées non pas tant par le montant des sommes investies que par la façon dont l’argent alloué à l’éducation est dépensé : des salaires compétitifs et de bonnes conditions de travail pour les enseignants, des formations continues, des diagnostics précoces ou encore des mesures appropriées pour les élèves en difficulté.

 

Franca Armi

Collaboratrice scientifique IRDP


Andreas Schleicher est Directeur de la Direction de l'éducation et des compétences de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).


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